lundi 23 septembre 2013

"Books are adventure. They contain murder and mayhem and passion. They love anyone who opens them."

-Cornelia Funke-

dimanche 11 août 2013

— Écoute ce que je te dis, petite frangine. Les aventures, les vraies aventures, elles ne sont jamais marrantes quand elles arrivent.

-Dan Abnett-

vendredi 2 août 2013

La nuit était noire lorsque le ciel prit feu. Le bruit fut assourdissant, comme si on déchirait le monde. Et quelque chose tomba, entouré de flammes. Quelque chose tomba des étoiles.
Puis tout redevint calme et sombre.
Les Cracheurs étaient tous réveillés désormais, debout à l'entrée de leur grotte. Les parents essayaient de calmer les petites Bouches que la fureur du vacarme avait effrayées, tandis que celles plus âgées courraient déjà partout. Aucun des adultes ne dit un mot. Ils avaient vu la chose s'écraser dans une clairière, à une demi-journée de marche. Tous se tournèrent vers Voix, le plus âgé des Cracheurs. Celui qui savait le monde, celui qui nommait. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur. Il hocha la tête en grognant, dans un rictus qui laissait voir plus de gencives que de dents. Alors les Cracheurs se mirent en route. Tous les Cracheurs, adultes comme Bouches. Ils allaient voir la chose tombée du ciel.

***

samedi 22 juin 2013

"Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose."
-Sigmund Freud-

mardi 11 juin 2013

Völva

3:am
the wolf hour
the witching hour
the darkest moment before dawn
the opposite of
3:pm
the time Jesus supposedly died



dimanche 14 avril 2013

Bienvenue dans le Troisième monde.



Le jeu vidéo, il est gentil.
Le jeu vidéo, il est joli.
Le jeu vidéo, c'est ton ami.

lundi 4 mars 2013

"Dans le désert
J'ai vu un être nu, bestial;
Accroupi sur le sol
Il tenait son cœur dans ses mains
Et le mangeait.
J'ai dit : "Est-ce que c'est bon, ami ?"
"C'est amer, amer, a-t-il répondu.
Mais je m'en régale
Parce que c'est amer,
Et parce que c'est mon cœur."

-Stephen Crane-



dimanche 17 février 2013

"The apparent disorder of the universe is simply a higher order, an implicate order beyond our comprehension.
That's why children... interest me. They're all mad, you see. But in each of them is an implicate adult. Order out of chaos. Or is it the other way around ?
To know them is to know myself. Little girls, especially. Little blonde girls. Little shameless bitches !
Sometimes... Sometimes I think the asylum is a head. We're inside a huge head that dreams us all into being.
Perhaps it's your head."

-The Mad Hatter-
Sous la plume de Grant Morrison

samedi 29 décembre 2012

Salem aimait se promener dans les herbes hautes, à l’extérieur de la Cité, le long de la rivière. Ses Jardins Sauvages, comme elle les appelait. Elle emportait souvent son petit bateau en bois que son père lui avait sculpté, à l’époque où il avait encore du temps à lui consacrer. Avant l’ouverture des mines. Elle s’aventurait alors dans l’eau fraîche, jusqu’aux mollets, parfois jusqu’aux cuisses. Là, elle y déposait son navire et le faisait voguer. Le courant de la rivière n’était jamais bien fort, et les jours de grandes chaleurs, les enfants et certains parents venaient s’y baigner. Salem passait des heures à jouer dans l’eau, se souciant peu de tremper ses vêtements. Mais ce qu’elle préférait, c’était après. Quand elle sortait de la rivière, ruisselante. Elle retirait ses vêtements imbibés d’eau et les déposait sur une grande pierre plate pour les faire sécher au soleil. Son fragile corps d’enfant était alors complètement nu, et sa peau si blanche rougissait un peu sous le froid d’un vent léger. Elle faisait quelques pas, appréciant la sensation de ses orteils s’enfonçant dans la boue. Elle marchait jusqu’à un endroit sec, et s’allongeait dans les hautes herbes. Nue. Elle enfonçait ses doigts dans la terre et regardait le ciel, couturé de nuages portés par le vent. Le soleil réchauffait sa peau encore humide. Il y avait toujours quelques brindilles qui se glissaient sous sa nuque ou contre son corps, et la caressaient. Salem adorait cette sensation. Ses poils se dressaient, parfois à des endroits où elle ne soupçonnait même pas en avoir. Des plumes chaudes lui chatouillent le ventre, mais de l’intérieur, comme si elle avait avalé de petits oiseaux qui couvaient maintenant dans son estomac et battaient des ailes. Elle les aimait, ces oiseaux.
Dans ses Jardins Sauvages, elle se sentait en prise avec le monde. Elle se sentait faisant partie d’un tout. Elle se sentait vivante. Là, elle sentait vibrer la terre. Elle l’entendait. Battre au rythme de son propre cœur. Si lent. Si profond. Si dense. Et c’était comme si le cœur de Salem s’accordait avec celui-ci, submergée par une étrange paix relaxante. Elle avait l’impression de s’enfoncer un peu plus dans le sol, et percevait tout, dans des pulsations sourdes entre le sonore et le physique. Les sabots des chevaux portant les messagers qui entraient et sortaient de la ville quotidiennement. Les bêches des paysans raclant la terre meuble. Le bourdonnement constant du chaos des pas des Citadins sur les rues pavées. Et si elle se concentrait suffisamment, elle ressentait même les racines des arbres s’étendre toujours plus profondément sous la terre, à une lenteur qui défiait les âges.
Salem aimait se rendre dans ses Jardins Sauvages les jours tristes. Elle en repartait tout le temps plus heureuse qu’elle n’y était arrivée. Et aujourd’hui avait commencé comme un jour triste.
[...]
Salem était allongée nue dans les hautes herbes des Jardins Sauvages, et les oiseaux s’agitaient dans son ventre. Le soleil séchait sa peau encore mouillée, tandis qu’elle écoutait la terre. Et les oiseaux s’agitaient dans son ventre. Mais pour la toute première fois, ce n’était pas de plaisir. Leurs becs et leurs serres lacéraient désespérément l’intérieur de son estomac, le réduisaient en lambeaux sanguinolents et brûlants. C’était comme s’ils essayaient de se creuser une sortie dans le ventre de l’enfant, complètement paniqués, seulement et entièrement obnubilés par le besoin primal et instinctif de fuir. De s’envoler loin d’ici. Et Salem criait, les larmes aux yeux, les mains plaquées sur son abdomen pour les retenir.
Sous elle, le sol tremblait.
Au loin, là où gisaient les mines, la terre se déchira. Elle s’éventra, comme une plaie dont on écarterait les lèvres encore et encore, jusqu’à ce que la douleur ravage chaque parcelle de son corps.
Alors, Salem entendit la terre hurler.